La presse française encense Soeur Emmanuelle

"Pilule et des préservatifs"
Francis Lachat, dans le Courrier Picard, est sur la même longueur d'ondes lorsqu'il souligne qu'"avec ses mots simples mais combien percutants, elle mettait chacun (...) devant ses responsabilités".
Et Dominique Quinio, dans La Croix, de s'interroger: "Pourquoi une si vieille dame, religieuse de surcroît, dans notre monde qui n'aime plus beaucoup ni les vieux ni les religions, affolait-elle les baromètres de popularité?"
Francis Brochet, dans Le Progrès de Lyon, a son idée. Soeur Emmanuelle et l'Abbé Pierre -à qui la presse la compare volontiers- seraient "populaires, non parce qu'ils croient en Dieu, mais parce qu'ils croient en l'homme."
Une opinion partagée par Patrick Fluckiger, dans l'Alsace. "Pour elle comme pour lui, c'est l'amour du prochain qui primait, pas la doctrine. Elle ne comprenait pas qu'on puisse s'opposer à la contraception, et elle n'hésitait pas à distribuer la pilule et des préservatifs."
"Tirer l'oreille de la classe politique"
Car sa "liberté de langage", comme le rappelle Jules Clauwaert dans Nord-Eclair, "Soeur Emmanuelle la pratiquait aussi au sein de l'Eglise catholique, pour laquelle elle eût aimé des évolutions plus rapides dans son organisation interne."
Une Eglise "qui ne manque pas, aujourd'hui, d'être interpellée par ce témoignage de chrétienne hors normes", ajoute Pierre Tanguy dans Ouest-France.
Car Soeur Emmanuelle "n'aimait pas une religion qui serait pisse-vinaigre, croyant en la bonté de Dieu, voulant des êtres humains heureux, dignes et respectés", observe aussi Jean Levallois dans La Presse de la Manche.
Mais pour Hervé Favre de La Voix du Nord, la question de la relève va maintenant se poser. Car "une fois l'hommage national rendu, qui viendra désormais tirer l'oreille de la classe politique, lui rappeler les engagements pris à l'égard des plus défavorisés quand elle a tendance à les oublier?"
(Source : Nouvel Obs.com)